Théo Vigezzi – 1863 https://1863.fr THE NEXT STATION Wed, 27 Dec 2023 10:55:29 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.18 Kay The Prodigy, FEMTOGO, Sonny Rave : les artistes à suivre en 2023 https://1863.fr/artistes-a-suivre-en-2023/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=artistes-a-suivre-en-2023 Fri, 30 Dec 2022 17:20:00 +0000 http://1863.fr/?p=6631 En 2022, peu d’entre vous auraient pu prévoir l’hégémonie de Luther, que Rounhaa allait sortir le meilleur morceau de l’année ou encore le run indécent de H JeuneCrack. A chaque année ses surprises, ses artistes qui sortent de leur chrysalide, l’avènement de genres et producteurs nouveaux, d’idées fraîches et d’excitation créative. Pour 2023, on vous…

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En 2022, peu d’entre vous auraient pu prévoir l’hégémonie de Luther, que Rounhaa allait sortir le meilleur morceau de l’année ou encore le run indécent de H JeuneCrack. A chaque année ses surprises, ses artistes qui sortent de leur chrysalide, l’avènement de genres et producteurs nouveaux, d’idées fraîches et d’excitation créative. Pour 2023, on vous liste dix artistes sur qui on a bien envie de miser. On se fait le bilan l’année prochaine à la même date, en espérant qu’on ne se soit pas trompé.

kay the prodigy
Crédits : Lisa Beck

Kay The Prodigy

Lorsqu’un mouvement arrive en France, il faut des artistes pour le représenter et le réinventer. Sur son EP EASTERN WIND en collaboration avec Mezzo Millo, Kay The Prodigy s’impose progressivement comme la figure de la sample drill en France. Aussi à l’aise dans d’autres genres, la rappeuse a une palette aussi grande que son talent et une écriture particulière qui met Kay The Prodigy au centre des débats. Commencez à monter les marches, le dernier étage arrivera plus vite que prévu. 

Pourquoi on compte sur elle ? Être précurseur ne suffit souvent pas, il faut aussi du talent. Kay The Prodigy n’en manque pas, et elle a déjà un coup d’avance sur vous.

Le morceau à écouter :

Sonny Rave 

Sonny Rave c’est frais, c’est épatant, c’est envoutant. Ce jeune artiste est parvenu à émerger en seulement quelques mois grâce à un positionnement musical et visuel fort. Il n’y a qu’à voir son double morceau « DANA’S LOVE + LOST ARCHIVES » accompagné d’un clip à l’esthétique déjà maîtrisée. On ressent déjà la présence d’un entourage très solide, rien n’est fait au hasard. La façon dont Sonny Rave parvient à accrocher de nouveaux auditeurs est tout sauf surprenante.

Pourquoi on compte sur lui ? 2023 sent très bon pour lui, tant il a le potentiel pour attirer rapidement un public large. L’artiste lyonnais est capable d’absorber de fortes influences RnB tout en conservant une empreinte vocale légère et organique qui constitue clairement sa force aujourd’hui. On attend son premier projet pour voir tout ce que Sonny Rave est capable de nous proposer.

Le morceau à écouter :

Asinine

Tout va bien pour Asinine en 2022. Lancée en solo cette année avec un premier EP intitulé C’est les autres, Asinine parvient déjà à exploiter un univers singulier. Il lui a suffit de quelques apparitions pour dévoiler ses qualités que l’on retrouve parfaitement sur notre morceau coup de cœur, « On ne voit que moi dans la city »

Pourquoi on compte sur elle ? Asinine ne laisse décidément pas indifférent. Par sa plume, les émotions qu’elle parvient à transmettre et son interprétation, elle nous donne envie d’en voir plus. La jeune artiste possède le potentiel pour ne voir qu’elle en 2023. Son ascension est écrite. 

Le morceau à écouter :

Uliss 

Ne vous faites pas avoir, Uliss n’est pas un artiste comme les autres. Touchant de sincérité et de poésie, l’artiste s’est fait connaître au préalable sur SoundCloud. Il a dû travailler sa vision et son empreinte artistique pour devenir l’artiste le plus intéressant de sa scène à suivre. Uliss voit les choses en grand, et nous aussi. 

Pourquoi on compte sur lui ? Uliss a ce truc en plus qui est parfois indéfinissable, il en découle une grande sensibilité de son art. On sent une marge de progression super intéressante et un artiste intelligent.

Le morceau à écouter :

Baby Neelou

Baby Neelou est addictif à souhait. Bien qu’il soit actif depuis plusieurs années, aucun projet n’a encore vu officiellement le jour. Mais cela ne l’a pas empêché d’être présent en 2022 avec plusieurs singles. On pense notamment à son dernier morceau « Phinéas & Ferb » produit par Peso20k qui sample un morceau jazz que Baby Neelou reprend parfaitement avec un flow DMV. 

Pourquoi on compte sur lui ? Le premier projet de Baby Neelou se fait fortement attendre. Il devrait faire passer un cap majeur à la carrière du rappeur basque et faire de lui un artiste à surveiller pour 2023. 

Le morceau à écouter :

NGC 1976

Ici, on ne vous présente pas un artiste mais un collectif. Vous connaissez sûrement Aamo, mais c’est l’arbre qui cache la forêt de nombreux talents. NGC 1976 regroupe des artistes de divers horizons qui se sont réunis sous la bannière de NGC et de Genève. Avec des portes étendards tels que Aamo et 13sco, on salue ce retour de collectifs qui avancent et s’améliorent ensemble. On veut les voir autour de nombreux projets aussi qualitatifs que divers.

Pourquoi on compte sur eux ? Avec autant de talents, ce groupe est poussé par l’envie de représenter une culture et un mouvement. Ça ne peut que marcher. 

Le morceau à écouter :

Theodora 

Elle n’aurait sûrement pas figuré dans nos artistes à suivre avant le 7 décembre, preuve qu’un morceau peut tout changer. Theodora, c’est ce cocktail explosif de jungle, DnB, Hip-Hop combiné à une personnalité pétillante. En duo avec son frère Jeez Suave, ils ont dévoilé l’un de nos morceaux préférés de cette fin d’année avec « LE PARADIS SE TROUVE DANS LE 93 ».

Pourquoi on compte sur elle ? Theodora et Jeez apportent une vague de fraîcheur à un mouvement encore embryonnaire en France mais qui possède toutes les cartes en main pour devenir majeur dans les prochaines années. 

Le morceau à écouter :

FEMTOGO

FEMTOGO est déjà dans notre viseur depuis un moment. Artiste s’étant dans un premier temps constitué sur SoundCloud, le membre du SPK a livré cette année des premières bastos marquantes, à l’image du morceau « VENTABLACK » et de son EP One Man Army, respectivement produits par ses lieutenants Amnezzia et neophron. Ce rappeur énigmatique avive un feu hyper incisif nommé Warfare Music qui tend à se propager sur le rap français. 

Pourquoi on compte sur lui ? FEMTOGO dispose d’un arsenal musical très large, faisant de lui un rappeur à fort potentiel capable de toucher plusieurs publics. Son univers ultra-référencé et sa versatilité ne laisseront personne indifférent et présagent une ascension inarrêtable pour le guerrier du SPK.

Le morceau à écouter :

Kage 

En 2022, le sel français avait un goût : un peu de Détroit, une pincée d’Atlanta et surtout une grosse saupoudrée de Strasbourg. Kage est arrivé très fort cette année avec ces deux projets courts Le Goût du Sel. L’attitude du rappeur et son flow nous ont bien marqué. Il a tout pour être la surprise sortie de nul part en 2023 et pourra compter sur son écriture incisive.

Pourquoi on compte sur lui ? Kage a encore tout à créer et pourtant, il possède déjà toutes les cartes en main pour réussir. Son charisme et sa plume lui donneront les capacites de viser plus haut.

Le morceau à écouter :

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Rappeuses en liberté, le dispositif qui fait briller la relève féminine https://1863.fr/rappeuses-en-liberte-dispositif-briller-releve-feminine/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=rappeuses-en-liberte-dispositif-briller-releve-feminine Sun, 20 Feb 2022 17:02:03 +0000 http://1863.fr/?p=5925 Malgré les plus de 300 rappeuses recensées récemment et l’explosion de nouveaux talents via les réseaux sociaux, les figures féminines du rap accèdent encore difficilement aux places de premier plan. Face à ce constat, Rafe Productions, en partenariat structurant avec l’Université Paris 8 Saint Denis, a décidé de mettre en place le dispositif Rappeuses en Liberté. Avec pour objectif…

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Malgré les plus de 300 rappeuses recensées récemment et l’explosion de nouveaux talents via les réseaux sociaux, les figures féminines du rap accèdent encore difficilement aux places de premier plan. Face à ce constat, Rafe Productions, en partenariat structurant avec l’Université Paris 8 Saint Denis, a décidé de mettre en place le dispositif Rappeuses en Liberté. Avec pour objectif de valoriser les valeurs d’égalité et susciter des vocations chez les jeunes femmes.

Eesah Yasuke, l’une des trois lauréates de la première édition – Crédits : Noémie Lacote

Retour 3 ans en arrière. En 2019, Rappeuses en liberté n’était que « #Rappeuses! », une web-série destinée à mettre en avant de jeunes talents féminins. Lors d’un tournage, une artiste cite « Si je parle de sexe, on me traite de tous les noms. Si je ne le fais pas, on me dit que je ne fais pas de rap ». Cette déclaration servira de déclic pour Aymeric Pichevin, fondateur de Rappeuses en Liberté : « On s’est dit qu’il fallait aller plus loin et plus fort : il fallait un dispositif qui permettrait aux rappeuses de s’exprimer pleinement, en tant qu’artiste, et d’être mise en lumière auprès des professionnel.le.s comme du grand public. »

Dispositif d’émergence et d’accompagnement de rappeuses, cette idée consiste à sélectionner 10 artistes parmi plus de 300 candidates. Près de 3 mois de formation professionnelle avec le Studio des Variétés leur étaient accordés. Au programme : ateliers d’écriture, de chant, d’expression scénique et de structuration professionnelle, entourées de professionnels reconnus de l’industrie musicale : « Elles sont mises en avant via une couverture vidéo très large et une web-série qui nous a permis d’aller les filmer chacune dans leur ville. »

Un comité artistique 5 étoiles

Pour élaborer cette liste de lauréates et les accompagner, le jury se compose de personnalités de l’industrie musicale :

  • Nicole Schluss, manageuse notamment d’Oxmo Puccino ;
  • Zeg P, l’homme aux hits très recherché par les artistes ;
  • Leïla Sy, réalisatrice et directrice artistique de Kery James ;
  • Béatrice Bonnefoi, dirigeante de la maison de production Suther Kane Films ;
  • Pauline Raignault Ali Gabir, directrice artistique chez Red Bull et spécialiste des musiques urbaines.
  • Marie Laure Bebey, artist relation manager chez YouTube Music

Ce comité 5 étoiles s’entoure également de Fif Tobossi, référence dans le paysage rap francophone, et Aly Bass, rappeuse belge engagée, respectivement parrain et marraine du projet. Ensemble, ils mettent à leur disposition leur savoir et leur expérience afin de leur permettre de parfaire leur art, de bénéficier d’outils et d’émerger auprès du public. Un casting dont se réjouit Aymeric : « Je voudrais souligner l’implication très forte du jury, non seulement dans la sélection des rappeuses, mais dans leurs conseils précieux pour l’organisation de Rappeuses en Liberté et pour le temps qu’ils ou elles ont passé avec les artistes. »

Cependant, 3 artistes devaient être sélectionnés parmi les 10 pour bénéficier d’un accompagnement approfondi. Eesah Yasuke, Ossem et Soumeya furent les heureuses élues de cette première édition de Rappeuses en Liberté. Pour ces lauréates, la décision s’est faite sur la base de leur représentation sur scène, suite aux 3 mois de formation. L’aisance sur scène, le charisme, les textes, l’originalité, et tout simplement l’émotion qui se dégage de leurs prestations sont la clé pour le jury. Le père de Rappeuses en liberté nous précise que le choix fut difficile tant « la sélection 2021 nous a bluffés. Elles sont très différentes, toutes ultra talentueuses. Et elles ont formé un vrai groupe entre elles, jusqu’à créer toutes ensemble le single Taktik dont nous sommes tous très fiers! ». Les voix qui se sont élevées sont là pour durer et il faudra aussi suivre de près la carrière de Brö, Eline, Zorba, le duo Ebony’T, Alma Mangö, Ambrelise et Lylice.

Soumeya pour Puma et 1863 – Crédits : Noémie Lacote

Un accompagnement pour briser les chaînes

Pour faire briller cette relève, Rappeuses en liberté accompagne les 3 artistes pendant près d’un an. Et c’est dans ce cadre que le dispositif a su s’entourer de nombreux partenaires. Musicaux d’une part, avec notamment le label Believe, Tunecore pour la distribution, ou encore les studios RIFFX de la Seine Musicale et YouTube Music. D’autre part, Rappeuses en liberté bénéficie de soutiens majeurs pour raconter l’histoire des lauréates et mettre en avant leur image, un critère toujours important dans la carrière d’un.e artiste.

Parmi eux, les trois gagnantes ont la chance d’être mises en avant comme égérie Puma. Un choix cohérent et justifié par le créateur du dispositif : « L’implication de Puma dans le rap n’est plus à démontrer. Puma a été à notre écoute pendant tout le développement de Rappeuses en Liberté, a pris de nombreuses initiatives pour aider à faire connaître le dispositif et mettre en avant les rappeuses qui y participent. » Puma et le rap français, voilà une histoire qui peut durer. Après le véritable coup de force en signant un contrat avec Booba, la marque allemande poursuit sa logique de s’associer avec des rappeurs et rappeuses français. Collaborer avec Rappeuses en liberté s’inscrit donc dans cette continuité, permettant à Puma d’affirmer ses valeurs et de se positionner sur des enjeux sociétaux importants de nos jours.

Ossem pour Puma et 1863 – Crédits : Noémie Lacote

A côté, pour se faire connaître auprès d’un plus large public, Rappeuses en liberté récolte le fruit de son travail auprès des médias. L’ensemble des artistes a ainsi pu bénéficier d’une mise en avant importante dans les médias généralistes (Le Monde, Konbini, TElerama, Period) comme spécialisés rap (Mouv’, Booska-P….).

La 2e édition de Rappeuses en liberté pour le printemps 2022 ?

L’appel à candidatures pour la seconde édition de Rappeuses en liberté est prévu pour mi-avril. « La deuxième édition promet d’être au moins aussi impactante que la première, nous prévoyons bien entendu quelques surprises… Surveillez bien notre site web et nos réseaux sociaux ! » souligne Aymeric Pichevin. Quant aux critères, ils sont très simples : être majeure et résider en France. Les 10 finalistes sont sélectionnées sur la base d’une vidéo musicale et d’une vidéo de présentation. Mais Aymeric nous prévient : « Les débats ont été très animés pour la première édition, tant les candidatures ont été nombreuses ! Le choix des vidéos à nous envoyer est important, le jury est très attentif à l’énergie qui s’en dégage. »

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My Beautiful Dark Twisted Fantasy : du paradoxe de la tragédie à la génèse du génie Kanye West https://1863.fr/my-beautiful-dark-twisted-fantasy-mbdtf-album-kanye-west/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=my-beautiful-dark-twisted-fantasy-mbdtf-album-kanye-west Sun, 22 Nov 2020 17:30:00 +0000 http://1863.fr/?p=4371 Le paradoxe de la tragédie est un concept rarissime. Dans cette optique, le plaisir et la douleur ne sont pas vraiment opposés, au contraire. Une scène tragique est reliée à une émotion terrible, et cela, à son tour, provoque une sensation que l’on trouve à la fin agréable. Le paradoxe du plaisir tragique est une…

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Le paradoxe de la tragédie est un concept rarissime. Dans cette optique, le plaisir et la douleur ne sont pas vraiment opposés, au contraire. Une scène tragique est reliée à une émotion terrible, et cela, à son tour, provoque une sensation que l’on trouve à la fin agréable. Le paradoxe du plaisir tragique est une noirceur qui illumine finalement la pureté des artistes. Le chemin pour atteindre la perfection est identique. Pour parvenir à cet achèvement, il faut notamment admettre que l’on est imparfait. Et il y a 10 ans, Kanye West l’a fait avec My Beautiful Dark Twisted Fantasy.

kanye west

Décès de sa mère Donda West, polémique aux MTV VMAs en 2009, fiançailles et tournée annulées : à ce moment-là, Kanye semble en avoir fini. Beaucoup symboliserait cette tristesse par la bouteille d’Hennessy qu’il buvait aux côtés d’Amber Rose sur le tapis rouge des MTV VMAs. Kanye West est dans un état dépressif après la perte de sa mère, fait tragique pesant lourd sur lui et la suite de sa carrière. Le seul pansement dont il avait alors besoin, c’était du temps. 

Le sage Mos Def lui conseilla ainsi de quitter le pays. Yeezy avait besoin de s’exiler loin de la pression du public. Japon puis Rome, il décide désormais de se concentrer sur la mode. Mais c’est à Hawaï, plus précisément sur l’île d’Oahu que Kanye West atterrit pour s’apprêter à brasser la plus grande tempête de sa carrière. Bien que la musique soit terminée pour lui, Kanye West est en colère : contre les médias, les critiques sur 808’s & Heartbreak et contre lui-même, celui qui a agi contre Taylor Swift en 2009. Dans son cœur, le néant prime face à la non-acceptation de la mort de sa maman. Tout seul sur ce coin paradisiaque, Ye plonge petit à petit dans une profonde dépression démoniaque. La gloire passée a fait de lui un roi, il en est désormais devenu un pantin.

Good Ass Job

Alors que le prochain album devait se nommer Good Ass Job, il souhaite plutôt se tourner vers des sonorités sombres et introspectives. Il ressent alors le besoin de prendre du recul. Pour cela, Ye s’entoure d’une équipe de collaborateurs all-star pour retranscrire ses émotions tourmentées et ses pensées en musique : Jay-Z, Elton John, Rihanna, Rick Ross, Nicki Minaj, Pusha-T, John Legend, RZA, Kid Cudi et Raekwon sans oublier la multitude de producteurs comme Mike Dean, etc. On appelle ça un onze de légende.

Toute cette équipe a totale liberté pour tirer le meilleur de l’esprit torturé de Kanye West. Ce dernier fait alors preuve d’une grande disponibilité : location de studios 24/24h, trois ingénieurs son travaillant chacun 8 heures par jour pour pouvoir enregistrer de jour comme de nuit ou encore 90 minutes de sommeil pour le rappeur de Chicago afin d’être à la disposition de ses partenaires.

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kanye west rza
© Noah Callahan-Bever – Complex

L’album a également été enregistré en partie aux studios Electric Lady de New-York, où ont été notamment réalisés des projets de Led Zeppelin, David Bowie, Jimi Hendrix ou encore Voodoo de D’Angelo. Tout était alors réuni pour faire de My Beautiful Dark Twisted Fantasy un album mythique. Sans exception, sans jugement, Kanye écoutera tous ses associés pour atteindre la perfection. La concentration était à son maximum, l’investissement et la reconnaissance de Kanye l’étaient tout autant. Ce n’est pas juste son talent qui l’a rendu célèbre, c’est toute son implication. 

Bien que les conditions de cet album soient spéciales, Kanye West a su s’entourer de la quintessence de l’industrie musicale. Chacun a pu sortir le meilleur de soi. L’exemple le plus criant est sûrement issu d’une histoire bien connue des mortels : Rick Ross et son couplet sur « Devil in The New Dress » qui a changé sa carrière. Le rappeur de Miami le résume parfaitement dans son mémoire Hurricanes : « J’avais déjà enregistré un couplet pour « Devil in a New Dress » à Hawaii. Mais il voulait que j’écrive un nouveau couplet. […] « Je sais que tu peux faire quelque chose de mieux que ça », m’a-t-il dit. De toutes mes années, personne ne m’avait jamais demandé de réécrire un couplet avant. Il me poussait comme il avait poussé tout le monde à Hawaii. […] Je pouvais soit considérer sa demande comme un manque de respect, soit relever son défi. J’ai choisi la deuxième solution. Deux heures plus tard, j’ai eu un autre couplet. C’est un couplet que beaucoup de mes fans considèrent comme le meilleur de ma carrière. »

kanye west rick ross devil in the new dress
© Noah Callahan-Bever – Complex

Twisted Fantasy : de modèle à vilain, de vilain à éternel

Depuis ses premières collaborations avec Jay-Z et The College Dropout, Kanye West avait franchi de nombreuses étapes, passant de jeune émotif à grande icône mondiale de la musique. Mais au vu des derniers événements passés, ce modèle vénéré est devenu un vilain détesté. Avec My Beautiful Dark Twisted Fantasy, Kanye reprend alors ses travaux. 

Les trois premiers titres entament son processus de guérison. Sur la fabuleuse intro « Dark Fantasy« , l’artiste de l’Illinois détruit le monde utopique de la célébrité. Il évoque alors notre fausse idée de la gloire, notamment à travers la pression médiatique qu’il a lui-même subi et qui l’a poussé à faire des aveux publiques à travers ce projet. Finalement, cette « dark twisted fantasy » vient avant tout de cette influence des médias. 

Mais Ye est désormais devenu un guide qui se bat contre ces abus, ces inégalités et toute l’hypocrisie américaine. Il qualifiera son pays de « Gorgeous », invoquant la nature hideuse de l’injustice sociale et sa dualité par rapport à ce peuple qui a su l’accueillir à bras ouverts pour le pousser à l’exil le lendemain. 

Cette résurrection se bouclera avec le terrible single « Power ». Au sommet de son influence et sa splendeur, Kanye se rapproche du cercle divin. Toutefois, il voit le mauvais côté de son pouvoir sur un sample du groupe vénézuélien Afromerica et un clin d’œil à King Crimson avec « 21s Century Schizoid Man« . « Tout super-héros a besoin de son thème musical », dit-il sur « Power ». Bien qu’il soit loin des modèles vertueux des comics, Yeezy n’en est pas moins complexe. Dans sa vie, il fait preuve de vulnérabilité et d’invincibilité dans une égale mesure, mais il est tout aussi apte à la méchanceté et la cruauté, surtout ici. 

La rédemption de Kanye est en marche malgré cette épée de Damoclès maudite qui a fendu son crâne en deux. Elle a fait de lui un artiste bipolaire et sanguin, celui du « SwiftGate » comme celui qu’on a pu voir en larmes cette année lors de son seul meeting politique. Les médias et le public ont fait de Kanye West un monstre.

my beautiful dark twisted fantasy kanye west

Dark Fantasy 

Mr West n’est plus. Les ultimes paroles dans « Power » (« Now this will be a beautiful death, I’m jumping out the window, I’m letting everything go »), ainsi que les sonorités funèbres d’Elton John au début d’« All Of The Lights » démontrent la mort du protagoniste. Dans ce morceau, Kanye ne peut plus lier la célébrité à ses problèmes personnels. Il n’est plus capable de lutter avec toutes ces lumières sur lui.

A l’instar de Michael Jackson dans « Thriller », il va ressusciter en tant que monster sur la track suivante. Violence, meurtre, sexisme : Kanye West montre totalement l’inverse de ce qu’on lui demandait. Il mettra même ce morceau en lead single accompagné d’un clip très violent qui fera polémique en étant notamment retiré de YouTube. Avec Jay-Z et Rick Ross, ils ont composé une chanson qui rentrera probablement dans l’histoire du hip-hop. En dépit de leur collaboration sur le morceau, personne n’a autant brillé que Nicki Minaj. Un monstre intégral, de la voix à sa prestation dans le clip qui fait de son couplet probablement le meilleur qu’on ait pu entendre de la rappeuse de New-York. 

La recette ne change pas sur « So Appalled ». Le chef Kanye invite ses commis 5 étoiles RZA, Pusha-T, Jay-Z, Swizz Beatz et Cyhi The Prince à se présenter chacun leur tour comme des stars violentes sans âme. Avec Cyhi, il reprend un sample du morceau « You are – I am » de Manfred Mann’s Earth Band. Le nom du single n’était pas encore trouvé mais Cyhi fut « so appalled » (si consterné) par l’utilisation de ce sample qu’il a été nommé ainsi. 

Beautiful Fantasy

My Beautiful Dark Twisted Fantasy marque l’avènement d’une écriture très introspective pour Kanye représenté certainement par deux des plus beaux morceaux de l’album, « Runaway » et « Devil in The New Dress ». Avec tant de pragmatisme et de romantisme, il évoque simplement la vision des autres et leur hypocrisie à son égard. Si, dans le second, il conteste l’autre, dans « Runaway » sont offerts les pardons tant attendus.

Au début de l’article, nous rappelions qu’être parfait repose avant tout sur la reconnaissance de son imperfection. Le morceau tire son succès de nombreux facteurs, du clip à la production magistrale de Kanye en passant par les mots de ce dernier qui le présente tel un humain imparfait et vulnérable. Une note de piano stridente et sans fin laisse place à 9 minutes de musique sur l’arrogance et l’insécurité, sa relation avec Amber Rose et sa fierté mal placée.

© Kanye West – « Runaway »

Cette chanson symbolise l’homme derrière ce projet, lui permettant de repartir à zéro et se diriger vers de nouveaux horizons qui se traduiront notamment par les albums Yeezus, Ye et Jesus Is King. Le monstre haïssable est mort pour laisser place à un homme assumant sa part d’héroïsme et de déshonneur. L’avoir joué pour la première fois aux MTV Awards de 2010 rend le morceau tout autant symbolique. C’est ici, un an auparavant, qu’il déclenchait sa descente aux enfers. Ce jour-là, il vient s’excuser publiquement avec une incroyable prestation.

C’est tout l’univers créé autour de cet opus qui fait date. En effet, l’imaginaire noir et tordu de Kanye West en fait un album visuel, porté par le clip du morceau. Un court-métrage de 35 minutes reprenant le fil rouge de l’album et qui pouvait se vanter d’être le clip le plus long de l’Histoire. « Runaway » est la définition même de Kanye West. Si le titre est tant aimé, on ne sait pas s’il s’agit d’un morceau de rap. Peu importe, « Runaway » représente le point optimum de sa fantaisie tourmentée et sinistre.

My Fantasy 

Kanye doit s’accepter tel qu’il est, un être marginal plongé dans sa solitude. Il est différent, sa folie est la sienne et il est difficile de la cerner. Lorsqu’il s’exprime, personne ne comprend réellement ses propos trop maladroits.

Les trois derniers morceaux de My Beautiful Dark Twisted creusent alors ce sentiment de renfermement sur soi qu’il assume enfin. Pour lui, la vie est synonyme de mensonge. Les paroles de « Lost in The World« , basées sur le poème écrit à Kim Kardashian, contournent toutes les problématiques de Ye sur sa vision lunatique de la vie. A la fin, Kanye West est à son paroxysme spirituel et artistique. Carrière, notoriété, amour, musique et vie sont à la fois ses anges et démons, son paradis et son enfer. Son esprit est aussi somptueux que sombre. Un vilain héros dont la plus grande tragédie de sa vie a amené la plus grande œuvre de son existence.


Dans les premières secondes du projet, Teyana Taylor nous posait la première phrase de l’album : « Pouvons-nous aller encore plus haut ? », introduisait-elle. La réponse est un grand oui. My Beautiful Dark Twisted Fantasy est grandiose de bout en bout. Un chef d’œuvre, dans le fond comme dans la forme. Car c’est bien le vrai George Condo qui en a pondu les multiples illustrations. L’univers du peintre, réputé pour déformer ses personnages, correspond parfaitement à celui de l’ouvrage, dépeignant une « twisted fantasy ».

Magnifiquement produit, audacieux et somptueux, il glorifie l’apothéose de l’esprit créatif et artistique de son auteur. My Beautiful Dark Twisted Fantasy regroupe les qualités lumineuses de Kanye et ses plus fortes faiblesses obscures dans un magnifique opus d’une heure et 8 minutes. Ce film narratif évoque ainsi toutes les facettes du rappeur, de l’esthète diva au bâtard dépressif. La preuve que l’art a la capacité de nous faire sortir des mondes les plus sombres.

my beautiful dark twisted fantasy cover mbdtf

Kanye aurait pu partir et claquer la porte des studios pour tout quitter. Pourtant, sa grande métamorphose est réussie avec brio. Il a su s’émanciper de la soul de ses débuts avec le label Roc-A-Fella. Il a utilisé ses sentiments alambiqués pour en faire une des plus belles œuvres d’art du 21e siècle. Une œuvre brute, rude, cruelle mais sincère dont la narration se centre sur la lutte nécessaire pour pratiquer ce que l’on aime, l’art de la musique. 

Kanye West fait partie de ces génies fous de la pop culture. En 2010, le rappeur était sur le toit du monde, un prophète en costume rouge planant au-dessus des nuages à proximité du monde divin. Malheureusement, les années ont suivi et l’artiste a fini aujourd’hui par se brûler les ailes. Kanye West, un héros pour les uns, un vilain pour les autres, et c’est très bien comme ça.

Pour aller plus loin, on vous recommande cette analyse approfondie de l’album. Sinon, découvrez pourquoi Kanye West a joué un rôle majeur dans la popularisation du rap.

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Chanceko, 6LACK, Luidji, Giveon : nos 15 « mini-projets » préférés en 2020 https://1863.fr/6lack-luidji-giveon-chanceko-mini-projets-preferes-en-2020/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=6lack-luidji-giveon-chanceko-mini-projets-preferes-en-2020 Tue, 10 Nov 2020 18:00:00 +0000 http://1863.fr/?p=4243 Avec l’accumulation des sorties du vendredi, il est devenu de plus en plus difficile d’écouter des albums studio composés de 15 titres minimum qui s’écoulent sur 45 minutes voire plus d’une heure. Le contexte de la crise sanitaire a engendré des difficultés supplémentaires dans le cadre de l’élaboration d’un nouvel album studio, permettant l’émergence d’un…

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Avec l’accumulation des sorties du vendredi, il est devenu de plus en plus difficile d’écouter des albums studio composés de 15 titres minimum qui s’écoulent sur 45 minutes voire plus d’une heure. Le contexte de la crise sanitaire a engendré des difficultés supplémentaires dans le cadre de l’élaboration d’un nouvel album studio, permettant l’émergence d’un nouveau format de projet court devenu omniprésent cette année. En effet, des projets courts, souvent des EP, de 10 titres maximum et dont la durée est souvent inférieure à 30 minutes, se multiplient massivement en 2020. 

Dans cette opération, tout le monde est gagnant. D’abord, les artistes et leurs équipes disposent de suffisamment de temps pour travailler sur un projet de 6 ou 7 tracks, sans forcément y consacrer une grande promo et un budget conséquent. Tandis que les auditeurs reçoivent des EP courts qu’ils pourront écouter d’une traite bien plus d’une fois et apprendre à l’apprécier davantage. Aujourd’hui, focus sur les 15 mini-projets qu’on a préféré en 2020. 

Première Fois – Jäde (7 morceaux – 19 minutes)

Jäde est issue de la scène SoundCloud. Pour son premier EP distribué sur les plateformes, elle se dévoile à travers 7 titres aux influences multiples. Trap, RnB, pop ou variété : l’artiste ne se pose aucune limite et tend à explorer toutes les musicalités qui lui correspondent.  L’esthétique de Première Fois est singulière, et témoigne ainsi d’une polyvalence artistique maîtrisée. Un bain de romantisme et de volupté qui marque sa volonté de s’imposer en tant qu’artiste, d’imposer davantage son univers, et de dévoiler son vrai visage. La suite est très prometteuse.

Fuck the World – Brent Faiyaz (10 morceaux – 26 minutes)

Troisième EP de Brent Faiyaz, Fuck The World reste un projet court malgré 10 morceaux RnB d’une douceur très lisse. Dans ce projet, le crooner du Maryland dépeint un monde où le sexe est un jeu et où rien n’a de conséquences. Artiste au cœur de pierre, froid et insensible, Brent Faiyaz est ici au meilleur de sa forme. Trois ans après Sonder Son, Brent Faiyaz continue de cultiver un style RnB introspectif et riche en nuances. 

VIDE – MadeinParis (10 morceaux – 26 minutes)

Originaire des Antilles néerlandaises et façonné par le rap US, MadeinParis est un ovni. Sa force réside dans la mélodie plus que dans l’écriture. Et pour cause, sa langue natale est l’anglais : il a commencé la musique en anglais avant de comprendre l’impact qu’il pouvait avoir s’il interprétait ses textes en français. Dave est polyvalent et maîtrise toutes les ressources nécessaires à la construction de son univers musical. Ses multiples casquettes d’ingénieur son, de réalisateur de clips, de monteur, graphiste ou photographe, en plus de celles d’auteur et d’interprète, lui permettent alors de conserver une indépendance. Et surtout, il a le contrôle de son identité visuelle qu’il juge tout aussi importante que sa musique. C’est d’ailleurs dans sa chambre que VIDE a été construit. Représentatif de sa palette musicale, le projet fait suite à Dopamine Effect.

Teinté d’égotrip, l’artiste glisse sur les prods de Finzy, Ray de Prince, Draco dans ta Face, 99, Savage et D1gri, et aborde des thèmes comme le sexe, l’argent, et l’amour. « J’laisse personne m’empêcher d’atteindre le sommet » pourrait résumer ce projet. Le rookie a mesuré son potentiel, et il tend à l’exploiter de plus en plus. Ce n’est que le début pour MadeinParis. Il est encore temps de monter dans le wagon avant la sortie de Quel beau jour pour mourir, son prochain projet qui devrait arriver dans les mois à venir. 

The Light Pack – Joey Bada$$ (3 morceaux – 8 minutes)

Après une pause solo de 3 ans et son dernier projet All-Amerikkkan Badass, Joey Bada$$ marquait enfin son retour tant attendu avec The Light Pack, un mini EP de 3 titres et comme unique guest Pusha-T. L’album est rempli de spiritisme et engagé. Les revendications politico-sociales sont nombreuses, à l’image du racisme présent aux Etats-Unis. La cover évoquant la Regla de Ocha est une preuve de sa quête de spiritualité, qu’on retrouve aussi dans le clip poignant de « The Light ». Celui qui sortait la fabuleuse mixtape 1999 à l’âge de 17 ans a gagné aujourd’hui en maturité avec ce projet, sans doute un prélude d’un troisième album studio très attendu.  

TUNNEL VISION PRELUDE – Slimka (9 morceaux – 27 minutes)

En 2020, Slimka ne cesse de travailler sa rapidité. L’homme le plus rapide de Suisse a ainsi passé la troisième avec son projet TUNNEL VISION PRELUDE. Une vitesse supplémentaire qui lui permet de modéliser sa vision en tunnel pour éviter tout ce qui est nuisible et tracer une ligne droite à sa destinée. Comme il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, Slimka nous propose 9 titres en guise de prélude de son futur album avec entre autres Isha, Di-Meh et Caballero & JeanJass en featuring. Son identité se précise enfin et sa rapidité a été travaillée avec réussite. Slimka est désormais prêt à atteindre l’XTRM vitesse nécessaire à ses ambitions artistiques. 

6pc Hot EP – 6LACK (6 morceaux – 19 minutes)

6LACK joue sur une tradition de sa ville natale en baptisant cet EP du nom d’un combo couramment commandé : 6-piece hot wings. Le natif d’Atlanta fait monter la sauce en attendant son troisième album studio avec ce mini-projet de 6 titres. 6pc Hot EP est un retour introspectif aux sources dans son fief d’Atlanta, montrant le plaisir que 6LACK peut avoir lorsqu’il perd cette aigreur. 6LACK sonne plus subtil et assuré que jamais. Ces six chansons se délectent alors moins et s’épanouissent plus. Le grand talent de 6LACK est de savoir quand il faut en faire un peu moins. Et sur 6pc Hot EP, c’est sublime. 

Le tournesol – Khali (4 morceaux – 9 minutes)

Venu de Bordeaux, Khali est un artiste à suivre de très près. Et la sortie surprise de son dernier EP Le tournesol l’a confirmé. Sa plus grande force réside dans sa voix atypique. Elle lui permet de jouer avec la mélodie tout en maîtrisant sa propre identité musicale qui se veut expérimentale par l’innovation des sonorités explorées, que l’on n’associe pas forcément au rap initialement. Khali vise juste, tant sa mélancolie rend sa musique brillante. Sur « Anéantie », il dépeint ses regrets avec nostalgie et sensibilité sur une production qui porte ses maux avec légèreté. Le tournesol, qui fait suite à Palmer Wild Story sorti en 2019 contribue à le placer sur la carte des artistes à suivre de cette nouvelle génération. Streamez. 

Alfredo – Freddie Gibbs & The Alchemist (10 morceaux – 35 minutes)

Avec ces 10 titres, Alfredo possède pile les critères pour intégrer notre liste. Freddie Gibbs propose des albums toujours pertinents qui se révèlent être de véritables pépites, de purs concentrés de coolitude hip-hop. Cette année, il fait équipe avec le légendaire producteur The Alchemist pour l’album Alfredo, en compagnie des guests Tyler The Creator, Rick Ross sans oublier ses fidèles amis de Griselda Records, Conway et Benny The Butcher. L’album, rempli de samples soul jazz des années 70’, est concis mais riche en sonorités diverses et terriblement accrocheur. La science du collage de The Alchemist associé au flow ravageur de Freddie Gibbs nous amène à un album quasi parfait.

Lotus – SONBEST (7 morceaux – 20 minutes)

Deux ans après la sortie de Immersion, le pur produit de Colmar dévoile son deuxième EP, Lotus. SONBEST se montre sous un nouveau visage : sombre, fascinant, mélancolique et novateur. SONBEST délivre un 7 titres extrêmement bien élaboré dans la construction de l’univers. Le lotus est la fleur de l’espoir, elle pousse dans les marécages mais pourtant, elle symbolise la pureté et l’élégance. Avec cette symbolique, il tend à prouver que, peu importe le milieu et l’environnement dont on est issu, rien ne nous empêche de s’en émanciper. C’est le fil conducteur de l’EP, qui nous plonge dans de sombres fonds aquatiques notamment grâce aux productions.

La sensibilité de Lotus est grandiose. Elle nous absorbe dans une mélancolie langoureuse avec « Agonie », dans un cynisme profond avec « XO », et nous teinte d’amertume dans « Poison ». SONBEST est versatile, et il ne se pose aucune limite dans ce qu’il entreprend, mentalité qui l’emmènera très loin. 

FUCK*NEXT – Azur (6 morceaux – 16 minutes)

On a pu compter sur l’un des plus gros talents de la scène underground en juin dernier, à l’occasion de la sortie de son premier projet solo, FUCK*NEXT. Après s’être séparé de Lyonzon et Saturn Citizen, Azur a pris un nouveau virage musical caractérisé par la sortie de cet EP qu’il qualifie de mise en bouche. Sa proposition artistique est renouvelée, les thèmes abordés et les sonorités évoluent. Toujours attaché à l’ADN SoundCloud, le flow d’Azur est sombre et peut parfois être difficile d’accès. Mais son univers est bien implanté. L’utilisation de sa voix saccadée sur des productions obscures renforce le sentiment mélancolique lié à son introspection. Ces 6 morceaux traitent de ses déceptions, de sa solitude et de sa volonté de réussir sans l’aide de quiconque. Quoi qu’il arrive, Azur est déterminé.

When It’s All Said And Done – Giveon (4 morceaux – 11 minutes)

Après avoir été révélé sur « Chicago Freestyle » avec Drake, Giveon a fait de la musique son terrain de jeu. Quelques mois après la sortie de son premier projet Take Time, Giveon est revenu avec un tout nouvel EP où il poursuit le thème du chagrin et de l’amour. Là où Take Time présentait un cordial mélange d’émotions et de belles histoires douloureuses, When It’s All Said and Done s’écarte de ces thèmes récurrents.

Cette fois-ci, l’amoureux est toujours là. Toutefois, ces mots, glissant sur des sonorités atmosphériques et des guitares rêveuses, montre un amant blessé n’ayant pas encore conscience de la fin de sa relation. 4 titres, dont un featuring avec la brillante Snoh Aalegra, c’est vraiment tout ce dont nous avons besoin comme entrée avant de pouvoir savourer le plat principal, son premier album studio. Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour comprendre qu’il faudra compter sur lui sur le long terme.

Kolaf – La Fève & Kosei (9 morceaux – 22 minutes)

Kolaf est le fruit d’une collaboration entre la voix de La Fève et les prods de Kosei. Dans un monde sombre et cynique, les deux démons dessinent l’ambiance d’un bal funeste presque cauchemardesque. L’univers du projet est maîtrisé de la première jusqu’à la dernière track. Le choix d’inviter Khali comme unique guest est plus que logique tant les propositions artistiques de ces 3 artistes se croisent. Kolaf est un voyage de 22 minutes, où les travaux précis du jeune chimiste Kosei transportent le flow de La Fève entre lumière et obscurité. La relève dont le rap avait besoin.

Boscolo Exedra – Luidji (5 morceaux – 16 minutes) 

Est-ce que tu connais le Boscolo ? Après son incroyable premier album Tristesse Business, Luidji a fait son retour avec un voyage de 5 morceaux. Le rappeur de 28 ans nous transporte au coeur des tourmentes d’un amour d’été. Cap sur la Côte d’Azur, et plus précisément Nice, où Luidji dessine les circonstances d’une relation amoureuse compliquée, vécue entre les murs de l’hôtel Boscolo Exedra. Désormais fameux hôtel, qui aura été au cœur d’une histoire courte mais marquante, et à la source d’un EP qui dépeint les sentiments véhiculés en 5 temps par un Luidji sincère, intime et tourmenté. La construction suit un véritable fil conducteur, où le storytelling marque chaque évolution de cette relation, entre le avant, le pendant, et l’après.

Emori – Eli Sostre (12 morceaux – 31 minutes)

Pour son troisième album, le jeune prodige Eli Sostre a fait son retour avec Emori. On dépasse le format 10 titres mais la durée du projet reste assez courte. Avec son collègue beatmaker new-yorkais SORIANO, cet album montre une fois de plus la patte d’Eli Sostre influencée par le RnB combiné au rap. Le projet est rempli de morceaux contagieux nous aidant à passer ce blues automnal et pour lesquels Eli Sostre est connu. Les fans l’appellent déjà son meilleur album à ce jour – et ils ont absolument raison. On sait exactement ce qu’on peut obtenir du prince de Brooklyn et il est plus cohérent que jamais. Malgré un manque de reconnaissance outre-Atlantique, Eli Sostre reste l’un des artistes underground les plus talentueux dans le RnB.

Gaura – Chanceko (4 morceaux – 13 minutes)

Après avoir mis tout le monde d’accord avec Bad Luv cet été, le retour de Chanceko était plus qu’attendu. Malaboy et des snippets sur Twitter ont fait grimper la hype avant la sortie de son EP, Gaura, le 30 octobre dernier. Le Gaura est une fleur qui éclot en automne. Elle est composée de 4 pétales, tout comme cet EP de 4 titres, qui a permis à Chanceko de s’affirmer et d’assumer plusieurs facettes musicales. Le rappeur, producteur, topliner et compositeur se distingue par sa voix, sa rythmique et ses influences hybrides. Coloré et entêtant, Gaura est marquant grâce à une ambiance globale chaleureuse. Les mélodies restent en tête dès la première écoute, même lorsque l’artiste se dévoile davantage, comme sur Arc en ciel.

Côté featuring, la prestation de Take a Mic sur Jacquemus prouve que chaque collaboration entre les deux amis est efficace. Sur Gaura, Chanceko se dévoile sous un visage ambitieux. Avec ce nouvel équilibre artistique, le potentiel grandissant n’est plus à prouver. Il a une place à prendre, et son heure de gloire a sonné. 

Pour aller plus loin, découvrez le rap d’outre-mer et les futurs talents à suivre.

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Slimka passe à l’XTRM vitesse https://1863.fr/slimka-passe-a-lxtrm-vitesse/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=slimka-passe-a-lxtrm-vitesse Fri, 24 Apr 2020 15:14:10 +0000 http://1863.fr/?p=3268 « J’démarre et j’pars en vitesse ». Cette phrase issue du morceau « Wes Anderson » résume parfaitement le début d’année 2020 de Slimka. En septembre dernier, on publiait un article sur la place croissante du rap helvétique au sein de la scène française. Et aujourd’hui, au sein de son écurie Colors Records, l’homme le plus rapide de Suisse…

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« J’démarre et j’pars en vitesse ». Cette phrase issue du morceau « Wes Anderson » résume parfaitement le début d’année 2020 de Slimka. En septembre dernier, on publiait un article sur la place croissante du rap helvétique au sein de la scène française. Et aujourd’hui, au sein de son écurie Colors Records, l’homme le plus rapide de Suisse passe la troisième avec son projet « Tunnel Vision Prelude ». En attendant l’arrivée de son prochain album, Cass’ compte dépasser le mur du son, afin de s’insérer durablement dans le paysage du rap francophone.

Slimka passe à l'XTRM vitesse
© Colors Records

Comprendre totalement le propos du Genevois est presque impossible, mais cela ne sera pas un frein à l’amour que nous lui porterons. Car Slimka nous entraîne dans sa vitesse. Dans son flow et ses paroles, le XTRM Boy va plus vite. Bien qu’il ait pu s’échauffer à travers quelques collaborations comme « Hit a lick » avec Di-Meh en 2016, sa véritable entrée en jeu se fait avec « No Bad, Vol. 1 ». Libre, psychédélique, le projet représente parfaitement sa vision de la vie : pas de moments de bad, que du positivisme. Il est no bad jusqu’au sang, et sa philosophie se retrouve logiquement dans les nombreux bangers que nous envoie l’artiste. Rien que sur son premier album, c’est une véritable tempête que nous fait subir Slimka. À peine le temps de se remettre de « Desperados » qu’il faut enchaîner avec « Piou Piou ». On vous l’a dit, il va très très vite.

On pourrait croire que Slimka confond vitesse avec précipitation, mais le rappeur de bientôt 26 ans foisonne d’idée. Art abstrait, jazz, funk : c’est ainsi que se présente le deuxième volume « No Bad, Vol. 2 ». Déjà là, sa capacité à innover se fait sentir et Slimka parvient à forger son propre style. L’artiste est toujours aussi rapide grâce à ses bangers remplis d’énergie comme « George de la Dew ». Il sait aussi nous étonner et rester inintelligible tout en étant passionnant. Le Genevois nous surprend sur des titres aux ambiances diverses et à l’énergie spécifique comme « Fantasia », « Death’s Angel ». Le bonhomme nous transmet sa science de l’incohérence et du non-style et glorifie les moments intenses de l’EP. Résultat? Un patchwork jamais indigeste, taillé sur mesure pour un artiste aussi fantaisiste et imprévisible que Slimka.

Une ligne de conduite self-made et fantaisiste

Slimka est autant un prêtre à la sagesse satirisée qu’un démon du turn-up. Cela n’a pas de sens pour nous. On est frappé par sa facilité déconcertante avec laquelle son flow glisse sur tout type de prods. De nos jours, c’est rare sur la scène francophone. Chez lui, tout est sur-mesure, rien n’est copié. Certes, on a pu sentir parfois l’influence d’un Tyler The Creator dans la variation des flows. Mais Slimka puise son inspiration dans son passé. Ayant tenté une expérience dans le mannequinat auparavant, Cassim Sall semble renouveler cette expérience à travers la musique. Son égocentrisme lui permet de se mettre en avant de façon téméraire et avant-gardiste. Mais comme beaucoup de rappeurs, c’est aussi un mordu de cinéma. Jetez simplement un œil à sa discographie pour en attester : « Fast & Furious », « Wes Anderson »… Les dénotations se multiplient.

Alors que d’autres artistes ont des difficultés à traîner plusieurs alias, Cass’ est un peu à l’image du personnage de Kévin dans Split. Il s’avère que de nouvelles facettes apparaissent à chacun de ses projets. De l’instable « Domingo » au souriant « Kanté » en passant par ses alter ego « Georges de la Dew » et « Diego », Slimka cumule les personnalités avec une certaine aisance. Ainsi, il ne faut pas s’ébahir de voir le rappeur les mettre à l’oeuvre dans ses clips.

L’écurie SuperWakClique

Si tout est self made chez Slimka, il n’avance jamais sans sa famille mélomane, la SuperWakClique. Très attaché à l’esprit d’équipe, le Genevois est toujours accompagné de ses meilleurs co-pilotes. Parmi eux, une formation qui se trouve à la jonction des styles et des genres : XTRM Boyz. Avec Makala, Di-Meh et Varnish La Piscine, le rappeur entretient une véritable forteresse émotionnelle. Ensemble, ils affirment une stratégie créative de rupture évidente. Il n’enregistre jamais sans eux et leur présence renforce ses projets. Dans une interview pour l’Abcdr du Son, le trio détaillait le concept du groupe : « La base de notre groupe c’est la musique, mais il y a tout ce qui en découle. Di-Meh il fait du skate, et Makala c’est un sportif ! [Rires] […] On essaie de toucher à tout. Les uns se nourrissent des autres.« 

Leur philosophie permet à chacun de s’affranchir des modes et des doutes. Ils font confiance à leur intuition, le style du non-style comme dit Makala. Toutefois, Slimka nous avait promis de donner de la couleur à ses prochains projets, à commencer par « Tunnel Vision Prelude »

© Lyrics Mag

De 408 à 1224 km/h, Slimka a mis la troisième

Après avoir exposé toute sa palette musicale sur les No Bad, l’artiste de Genève souhaite maintenant prendre son temps et affiner son univers. Alors qu’il s’entraîne avec ses amis à travers le hashtag #EntraînementTV, Slimka débute l’année sur l’album de Tengo John et le morceau « 3.5.7 Python ». Tout s’accélère dans les jours et semaines qui suivent. Il continue de travailler en famille en sortant le morceau « bb meurs dans mes bras » en compagnie de ses collègues de la SuperWakclique Mairo, De Wolph et Daejmiy. L’annonce devrait vite arriver. Le compteur de vitesse qu’il affiche sur les réseaux sociaux ne cesse d’augmenter, on sent le rappeur prêt à activer l’XTRM vitesse.

C’est alors qu’il débarque en solo début mars avec le joyeux « Kanté », morceau qui ne sera pas sur le projet. Car oui, si sa présence s’intensifie, c’est bien pour cette raison. On le voit davantage sur plusieurs albums, notamment le dernier Varnish la Piscine, « Metronome Pole Dance Twist Amazone ». Les deux compères nous offrent ce qu’ils savent faire de mieux : un banger intense au titre significatif, « SHORT VISION ». Slimka va enclencher la troisième d’ici peu, on le sait. 

Suite à des apparitions sur les projets respectifs de Twinsmatic, Freakey et de Caballero & JeanJass, Cassim enclenche le levier de vitesse. Il annonce l’arrivée d’un EP pour fin avril, « Tunnel Vision Prelude ». Le rappeur nous propose 9 tracks en guise de prélude de son futur album, initialement prévu au printemps mais repoussé à l’automne 2020. On y trouve des collaborations avec Di-Meh, Isha, JeanJass, Ike Ortiz et Daejmiy. Pas de Makala ou de Pink Flamengo, qu’on verra plutôt sur l’album, preuve de son émancipation. 

Dans ce préambule, Slimka modélise sa vision en tunnel pour éviter tout ce qui lui est nuisible. Il veut aller vite et droit au but direction sa destinée. Sa patte artistique se fait sentir et son univers se dessine minutieusement. Sa capacité à varier les flows atteint son paroxysme sur le morceau « 24 K ». Il passe de l’autotune à des séquences rapides plus rappées avec une grande facilité, le tout sur une prod lunaire et profonde. La profondeur, c’est ainsi le point fort de ce projet. Slimka parvient à nous plonger dans les fonds de sa musique. Ce n’est pourtant « que » son tour de chauffe. 

Son identité se précise enfin et sa rapidité a été travaillée avec réussite. Slimka est désormais prêt à atteindre l’XTRM vitesse nécessaire à ses ambitions artistiques. L’album, attendu pour l’automne prochain, sera alors l’occasion pour lui de s’envoler définitivement. 

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En 2019, Young Thug est devenu une icône https://1863.fr/en-2019-young-thug-est-devenu-une-icone/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=en-2019-young-thug-est-devenu-une-icone Wed, 18 Dec 2019 11:00:58 +0000 http://1863.fr/?p=1409 44 256. Avant 2019, c’est le meilleur démarrage de la carrière de Young Thug sur le projet « Slime Language ». Ce chiffre peut paraître trompeur quand on connaît le talent et l’importante influence du rappeur d’Atlanta. En dépit de sa notoriété incontestable, le potentiel commercial de l’artiste n’est pas exploité à son maximum. Malgré des ventes…

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44 256. Avant 2019, c’est le meilleur démarrage de la carrière de Young Thug sur le projet « Slime Language ». Ce chiffre peut paraître trompeur quand on connaît le talent et l’importante influence du rappeur d’Atlanta. En dépit de sa notoriété incontestable, le potentiel commercial de l’artiste n’est pas exploité à son maximum. Malgré des ventes en progression depuis quelques années, l’artiste n’a malheureusement jamais su atteindre les standings commerciaux et médiatiques des Drake, Kanye West &Co. Sûrement pas reconnu à la hauteur de son talent, Thugger voulait montrer cette année que le “G.O.A.T”, c’était lui. 

« ILS COMPRENDRONT DANS CENT ANS ».
Au cours de cette décennie, rares sont les artistes avec un impact similaire à celui de Jeffery Lamar Williams. Souvent imité, mais jamais égalé, le musicien d’Atlanta vient d’une autre planète. Bosseur, parfois trop, mystique et androgyne, Thug est différent. Depuis 2013, Jeffery vit un film similaire à toutes les tendances créatives de l’histoire. L’épisode Rich Gang, accompagné de son collègue Rich Homie Quan, leur a permis de se targuer d’être le plus grand duo depuis OutKast. Le zénith de Young Thug se situe 2 ans plus tard, en 2015. Cette année-là, « Barter 6 », son premier projet commercialisé, voyait le jour. Considérée comme sa meilleure partition, la mixtape fait indéniablement partie des meilleurs projets de la décennie. Quelques mois plus tard débarquent les deux premiers volumes de la série « Slime Season », des bijoux d’improvisation insensée. Deux projets malencontreusement souvent négligés par le grand public car, comme « Rich Gang », ils n’ont jamais été diffusés sur les plateformes de streaming. Ces chefs-d’oeuvre placent toutefois le rappeur d’Atlanta au sommet de son art et au centre d’un système musical qu’il illuminera de son empreinte artistique. 

La suite de sa carrière reste néanmoins saccadée. D’une part, sa réussite réside dans la création en 2016 de son label YSL Records. Il ouvrira notamment le chemin du succès pour ses fils spirituels Gunna et Lil Baby (qui est chez Quality Control Music). Musicalement, la principale exception reste « Jeffery ». Par la cover sur laquelle il porte une longue robe violette, Young Thug réussit à imposer une personnalité extravagante si ce n’est féminine. Une part de féminité, si rare dans un milieu brut comme le rap, que d’autres artistes comme Lil Uzi Vert vont assumer par la suite. Dans le fond, certains titres comme « Harambe » et « pick up the phone » frôlent la perfection, le dernier devenant même un énorme succès. On retient aussi l’excellente mixtape « Beautiful Thugger Girls » qui vient d’être certifiée disque d’or aux États-Unis. Tout reste inimitable chez Young Thug. Sur ce dernier, il s’imprègne de guitares R&B onctueuses, distillant le chaos de la convoitise et de l’amour dans une pop vitale et indéniable.

D’autre part, sa discographie devient inégale avec des échecs comme « I’m Up » ou « Hear No Evil ». La faute à une dépendance excessive des plateformes digitales et à l’absence d’un premier album studio. Car si les chiffres en streaming n’ont cessé de croître sans pour autant être généralement faramineux, les ventes physiques sont au contraire en baisse depuis 2015. Les promotions de ses projets sont très insuffisantes pour un artiste de cette renommée. 

Prenons le cas « On The Rvn », sorti le 24 septembre 2018, soit 1 mois après le décevant « Slime Language ». Young Thug était censé publier le projet le 11 septembre, avant que ce dernier ne se rende aux autorités pour possession et distribution de drogues. C’est donc seulement ensuite que King Slime a commencé à teaser la mixtape, soit… la veille de sa sortie. On est à l’opposé par exemple d’un Travis Scott qui a teasé « Astroworld » pendant près d’un an.

Résultat ? L’EP, qui devait être son premier album studio, enregistre 25 160 exemplaires en première semaine. Un projet qui aurait pu voir plus haut si la promotion fut plus considérée par l’artiste. Car « On The Rvn » vient néanmoins sauver une année décevante pour le rappeur, période durant laquelle il s’était promis de ne pas publier de musique en hommage à son frère atteint de surdité. On y trouve l’un des meilleurs titres RnB de l’année, « Climax », en featuring avec 6lack, et une reprise magistrale de « Rocket Man » du chanteur anglais Elton John sur le morceau « High ». L’eau mouille, le feu brûle et un crossover entre ces deux ovnis de la musique ne peut être qu’une douceur pour nos oreilles.

Néanmoins, son apport à la trap actuelle et sa personnalité n’ont jamais été remis en question et sont indéniablement reconnus de tous. L’année 2019 devait alors représenter un moment charnière pour Young Thug. Aujourd’hui, le fondateur de YSL Records semble avoir appris de ses erreurs et son potentiel commercial ne demandait qu’à se matérialiser.

Les banlieues influencent Atlanta, Atlanta influence (toujours) le game en 2019. Et c’est probablement parce que le meilleur artiste de la ville y a mis de son venin de SLATT. Il n’a d’abord pas manqué d’accompagner son binôme de « Super Slimey », Future, dans « Unicorn Purp » issu de l’album « The Wizrd ». Tel père tel fils, il retrouve de nouveau Gunna sur la mixtape « Drip or Drown 2 ». Thugger propose une partition de qualité avec son minot sur le morceau « 3 Headed Snake », produit par le fidèle tonton Wheezy. Considéré comme le nouvel espoir de son label, Lil Keed a également partagé deux titres – « Proud Of Me » et « Million Dollar Mansion » – aux côtés de son mentor pour son dernier album « Long Live Mexico ».

De « Control The Streets Volume 2 », le dernier projet de Quality Control Music, à « King of R&B » de Jacquees en passant par « No.6 Collaborations Project » d’Ed Sheeran ou encore « Hollywood’s Bleeding » de Post Malone, Thug était sur tous les fronts cette année. C’est sur ce dernier que son potentiel commercial s’est peu à peu confirmé. D’abord, le mélancolique « Goodbyes » sort à titre promotionnel pour le projet du rappeur de Dallas. Publié 3 mois auparavant, le morceau représente une énorme opportunité pour Thugger. Post Malone est une tête d’affiche internationale reconnue et il occupe la tête des charts. Le single passe alors dans toutes les radios, se classe 3ème du Billboard Hot 100 et s’accompagne d’un clip qui cumule à plus de 84 millions de vues, permettant à Young Thug de cibler un public bien plus large et différent du sien. Et aujourd’hui, le morceau reçoit encore plus d’un million de streams quotidiens tandis que Thugga occupe 11 places sur le Billboard Hot 100.

À ce moment-là, ce n’est pas le seul titre du rappeur à atteindre le sommet des charts. Suite à « On The Rvn », Thug a enfin su faire preuve de patience. Tout commence au festival Rolling Loud à Miami où des fans reçoivent des flyers sur lesquels est mentionné « The London ». S’en suit un long livestream sur Youtube intitulé « Meet Me at The London » pendant lequel l’artiste dévoile la pochette du titre. En feat inédit avec Travis Scott & J.Cole, « The London » voit le jour le 23 Mai et se transforme en succès commercial. Produit par T-Minus, il se positionne 3ème au Billboard Hot 100 et devient rapidement un hit. Tout pense à croire à l’arrivée d’un nouveau projet quand un mystérieux site internet affiche un compte à rebours. La promotion du rappeur est conséquente sur les réseaux sociaux et les médias par le biais d’interviews écrites ou radio. Les artistes avec qui il a coopérés servent également de canaux de communication. Jeffery est légitimement reconnu dans le game et nombreux sont ceux l’ayant soutenu sur Instagram. Une autre occasion de toucher bien plus d’internautes et d’élargir son public.

Avec « Goodbyes » et « The London », Young Thug arrive dans les meilleures conditions pour nous proposer son tout premier album studio. Pour notre grand plaisir, la promotion du projet est plus réfléchie et travaillée qu’autrefois, faisant monter la hype et nos attentes. Cette année est la bonne. Thugga en est parfaitement conscient et « So Much Fun » devait servir de concrétisation commerciale : « Je veux toujours passer au niveau supérieur. Il pourrait s’agir d’une grande étape ou d’une petite étape. Je ne veux pas que ce soit pareil. », confiait-t-il au magazine The Fader.

Composé de 19 tracks, son premier album studio sort le 16 Août, jour de ses 28 ans. Alors que ces meilleures années semblaient être derrière lui, Thugger nous livre un projet consistant, lui qui nous avait habitué à des EP et des mixtapes. Pour arriver au sommet, le rappeur s’est bien entouré. Il n’a pas oublié sa famille ATLienne composée notamment de Gunna, Lil Baby, Migos, 21 Savage et Future, sans oublier Lil Keed, Juice WRLD et Lil Duke. Avec J.Cole comme producteur exécutif, c’est un Young Thug blond (comme à l’époque Barter 6…) qui nous propose un album très fun. L’artiste exprime sa folie dans une ode au sexe, l’argent, l’alcool ainsi qu’à la drogue, comme sur « Ecstasy ». Monnaie courante dans le rap direz-vous, mais « So Much Fun » se distingue des autres albums de l’année. On retrouve tout son ADN : un timbre mélodieux dès le début avec « Just How It Is », des variations de voix et de rythmes comme sur « Cartier Gucci Scarf », des onomatopées qu’on ne compte plus et des textes écrits par le musicien lui-même. Bien que les lyrics soient débonnaires – excepté sur l’intro -, Thug envoie un projet rempli de bangers produits entre autres par l’oncle Wheezy et Pi’erre Bourne
La recette fonctionne. Avec 127 508 exemplaires écoulés, « So Much Fun » est, de loin, le meilleur démarrage de sa carrière et se classe au sommet des charts.

L’album continue de grimper. Young Thug a obtenu début Octobre son premier disque d’or avec 500 000 équivalent-ventes aux Etats-Unis. Encore une fois, la promotion post-album est travaillé : 4 clips (« Surf », « Just How It Is », « What’s the Move » & « Hot »), des interviews télévisés, une tournée avec Machine Gun Kelly et un remix avec Travis Scott. À ce sujet, « Hot » représente l’highlight principal du projet. Les trompettes et les basses du chef d’orchestre Wheezy raisonnent et nous mettent directement dans une ambiance de feu. Et ajoutez à cela l’entrée de Gunna sur les notes de flûtes et l’excellent couplet de Thugga… Le remix de La Flame n’était pas obligatoirement nécessaire tant le single est de qualité. L’artiste de Houston parvient toutefois à s’intégrer parfaitement sur le morceau et vient propulser un petit peu plus le titre parmi les meilleurs de l’année.

2019 n’est pas terminé pour le rappeur d’Atlanta. En plus de « So Much Fun », il travaille sur un autre album, « Punk », que l’on devrait voir courant février 2020. Il parle de ce projet avec plus d’enthousiasme que le précédent. « C’est vraiment de la musique touchante », dit Thug. « C’est la musique que le monde va embrasser. » Young Thug veut marquer le retour de ce qu’il appelle le « vrai rap » dans la culture. On attend tous également la réunion ultime d’Atlanta sur « Super Slimey 2 », suite de l’épisode précédent, avec, en plus de Future, Lil Baby et Gunna. 

Le film que Young Thug vit depuis 2013 semble sans fin. Une force croissante durant cette décennie qui a fait de lui « l’artiste le plus influent du 21ème siècle » selon le média britannique BBC. Les chiffres pour lui sont insignifiants, et on le comprendra dans cent ans. L’industrie de la musique est sûrement trop petite pour le rappeur d’un mètre quatre-vingt dix-huit. Le monde l’embrasse désormais sans forcément comprendre un mot de ce qu’il raconte. Ecouter Young Thug c’est penser qu’il serait ridicule qu’il soit le plus exceptionnel des rappeurs. Mais à la fin, cela nous semble indubitable. En 2019, Thug ne devait pas devenir une icône. Il est déjà le surnaturel surpassant le commun des mortels.

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La Suisse, future protagoniste du rap francophone ? https://1863.fr/la-suisse-future-protagoniste-du-rap-francophone/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=la-suisse-future-protagoniste-du-rap-francophone Sun, 17 Nov 2019 02:31:31 +0000 http://1863.fr/?p=1311 Depuis quelques années, l’attention du rap dans l’Hexagone s’est dirigée vers de nouvelles contrées. De Damso à Hamza en passant par Isha, Shay ou Roméo Elvis, la Belgique constitue désormais un pôle majeur du renouveau de la scène francophone. Plus récemment, c’est le rap suisse qui fait figure de « rookie » à suivre. Au point de…

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Depuis quelques années, l’attention du rap dans l’Hexagone s’est dirigée vers de nouvelles contrées. De Damso à Hamza en passant par Isha, Shay ou Roméo Elvis, la Belgique constitue désormais un pôle majeur du renouveau de la scène francophone. Plus récemment, c’est le rap suisse qui fait figure de « rookie » à suivre. Au point de s’expédier au-delà de ses propres frontières et de devenir un protagoniste du game ? Décryptage. 

Di-Meh (au centre) sur la couverture du magazine « Les Inrockuptibles / Crédit : Les Inrockuptibles

La France a connu un nouveau souffle avec l’arrivée de la génération bruxelloise, reconsidérant la suprématie de la scène tricolore dans le milieu et poussant le public à exporter leurs oreilles ailleurs. C’est ainsi qu’en 2017, « Les Inrockuptibles » titrait l’année comme celle du rap suisse. Deux ans plus tard, on retrouve alors le jeune genevois Di-Meh sur la couverture du magazine français. Après 30 ans d’attente, le pays de Roger Federer semble aujourd’hui posséder les capacités et les talents pour dépasser le simple cadre suisse. La percée d’un artiste romand est-elle alors envisageable ?

Une chronologie qui tourne en rond

Le rap helvète francophone possède une histoire longue et riche. On peut citer entre autres Sens Unik et Double P.A.C.T comme pionniers du mouvement suisse. Le groupe léman, précurseur du hip-hop en Europe, représente un acteur important dans la démocratisation du rap entre 1987 et aujourd’hui. Un succès d’abord local qui s’est traduit par leur participation à la première partie du concert de Public Enemy à Lausanne. En 1992, « Les Portes du temps », premier album du groupe, contient des titres en collaboration avec IAM ou Alliance Ethnik. Avec 6 disques d’or dont un en France, des concerts en Europe et à New-York et la création du tout premier label 100% rap francophone, la bande de Carlos Leal a laissé une jolie trace dans l’histoire du mouvement. 

Pochette de l’album « Les Portes du Temps » sorti en 1992

En 1994, le milieu helvétique voit une nouvelle page de son histoire s’ouvrir avec la création de l’autre groupe originaire de Lausanne : Double P.A.C.T.. Avec des inspirations purement américaines, l’objectif d’Yvan Peacemaker, Stress et Nega est clairement de réussir à l’étranger, à commencer par la France. Le beatmaker du crew y est parvenu d’une manière plutôt originale. À cette époque, les rappeurs étaient bien plus nombreux que les producteurs, et Yvan a choisi la deuxième voie pour tisser sa toile et s’imposer ainsi comme l’une des références des beatmakers francophones. En 2003, le magazine Groove établissait alors un classement des meilleurs producteurs de rap français. Le premier ? Yvan.
Cette concrétisation lui ouvre de nombreuses portes. Booba, Passi, Rohff, Diam’s, Sinik, Joey Starr… Yvan est sur tous les fronts. Une performance marquante pour cette période durant laquelle s’insérer durablement dans le paysage français représentait une tâche difficile, comme expliqué dans l’article « Chronique du rap romand en France »

Cours – JoeyStarr (produit par Yvan Peacemaker)

Néanmoins, le hip-hop restait plutôt marginal jusqu’à aujourd’hui. Le manque de retentissement de la scène romande s’expliquait par les importantes divergences sociales, politiques et culturelles entre la Suisse et la France. Le rappeur suisse avait tendance à évoquer des sujets sociétaux non adéquats avec le quotidien français.  

Le principal obstacle au succès du rap suisse était toutefois linguistique : à l’échelle nationale, le français représente une langue minoritaire au sein d’un pays où l’allemand prédomine (près de 65%) sans oublier l’italien (moins de 10%) ou encore les quelques dialectes locaux. Cette entrave ne doit cependant pas représenter une déficience totale, en atteste les explosions de Roméo Elvis & Damso malgré la dissemblance linguistique belge.

SuperWakClique : la luminescence de Genève

Les années 2010 semblaient suivre le même chemin que les précédentes avec des artistes au talent reconnu, sans réellement parvenir à transposer cela en dates de concerts ou en ventes. Dans cet environnement peu propice au succès, un collectif va faire de la France son nouveau terrain de jeu. Composé des trois rappeurs genevois Di-Meh, Slimka et Makala, la SuperWakClique s’impose comme le fer de lance qui va briser le plafond de verre de la frontière suisse. On pourrait croire à un miracle, mais, derrière cette explosion encore relative, le label Colors a transformé son réservoir de talents en une meute prête à conquérir le game. Les nombreuses connexions avec la France représentent d’ailleurs une autre explication à cet essor : premières parties des concerts de 1995 en Suisse, connaissance de Caballero, Lomepal, Roméo Elvis ou encore Josman et Népal, etc. Une liste qui commence sensiblement à s’agrandir. 

« Mon heure sonne, putain d’merde, c’est l’moment de décoller »

Personne – Di-Meh

Le premier du crew sort en mai 2017 « Focus, Vol. 1 », projet initiateur de sa carrière et de sa médiatisation. Le titre éponyme de l’EP devient d’ailleurs un des plus grands succès de Di-Meh. Mais c’est surtout sur scène que le rappeur de Genève parvient à se créer une réputation. La même année, il se lance ainsi en tournée avec ses amis Makala et Slimka, formant la SuperWakClique. Le X-TRM Tour remplit des salles parisiennes et des festivals majeurs comme Dour et Garorock et fait découvrir au public francophone trois jeunes MC’s en devenir prêts à montrer l’étendue de leur talent et à assouvir leur soif insatiable de pogos. Di-Meh est fait pour la scène, en attestent ses deux derniers projets « Focus Vol. 2 » et “Fake Love” dans lesquels on retrouve entre autres des bangers comme « Big Foot » ou « Jeunesse » prêts à retourner n’importe quelle salle de concert. 

Arrivé ultérieurement et soutenu par ses acolytes, « Slim-K » signe plusieurs sons marquants comme « Supsup » et « Self Made », afin de montrer que l’ancienneté ne fait pas tout. On retrouve également chez lui une présence et des prestations scéniques faisant partie intégrante de son identité. Ainsi, des titres comme « A plus, a ciao », en featuring avec Di-Meh, nous plongent directement dans une ambiance des plus électriques. Imaginez alors en concert… 

Makala, Xtrm boy

Certainement le plus talentueux de la bande, Makala fait parler de lui dès 2014 avec « Capela », morceau présent sur son deuxième album « Varaignée, Pt. 1 ». Le passionné de 25 ans était très attendu cette année pour sa véritable entrée dans le rap game avec « Radio Suicide ». Sur un projet de 21 titres, le Genevois propose ici tout sauf une approche bankable. « Des rappeurs y’en a 10 000, des comme moi y’en a uno », et grâce à son flow unique de crooner, l’artiste d’origine congolaise sort ici de sa zone de confort avec une interprétation prenante et continuellement versatile. Le fond n’est toutefois pas révolutionnaire, abordant sexe, drogues et la consommation de substances distrayantes. 

C’est dans les productions de l’excellent Varnish la Piscine que « Radio Suicide » quitte son temps pour rejoindre les sonorités des années 2000. En proposant des mélodies imprévisibles, l’album parvient à provoquer un éclat de stupéfaction instrumenté par ces acoustiques issus aussi bien de la funk que de la soul des années 70

Tout ce mélange donne ainsi le jour à « autant de classiques que de meufs de dos sur Insta », faisant de « Radio Suicide » l’un des meilleurs projets de l’année et de Makala le prophète du rap suisse

Certes, le manque de structure en Suisse ne permet pas de traduire leur ambition sur le terrain du streaming et des ventes ni de faire connaître toutes ses pépites au public français, cible privilégiée de SuperWakClique. Mais l’explosion au sein du triangle d’or de Genève, l’ossature du label Colors, la hype médiatique autour de Makala et Di-Meh et la fin de ces rêves brisés par le mur de la frontière représentent un espoir auquel on peut croire à juste titre, laissant dans le game une place de choix pour le rap suisse.

Crédit Photo : La Vapeur

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Notre XI des plus beaux maillots de la saison https://1863.fr/notre-xi-des-plus-beaux-maillots-de-la-saison/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=notre-xi-des-plus-beaux-maillots-de-la-saison Sun, 22 Sep 2019 16:43:23 +0000 http://1863.fr/?p=849 Qui dit nouvelle saison dit nouveau maillot. Chaque année, les clubs font preuve de plus en plus d’imagination pour élaborer des tenues qui sortent de l’ordinaire. Entre design original et couleurs atypiques, les écuries européennes nous ont concocté des créations insolites. 1863 vous propose son 11 des plus beaux maillots de la saison, majoritairement issus…

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Qui dit nouvelle saison dit nouveau maillot. Chaque année, les clubs font preuve de plus en plus d’imagination pour élaborer des tenues qui sortent de l’ordinaire. Entre design original et couleurs atypiques, les écuries européennes nous ont concocté des créations insolites. 1863 vous propose son 11 des plus beaux maillots de la saison, majoritairement issus des géants Adidas et Nike.

Arsenal (Angleterre) – Maillot extérieur
Équipementier : Adidas

Inter Milan (Italie) – Maillot extérieur
Équipementier : Nike

Chelsea (Angleterre) – Maillot third
Équipementier : Nike

Orlando City (États-Unis) – Maillot domicile
Équipementier : Adidas

Tigres UANL (Mexique) – Maillot third
Équipementier : Adidas

Atletico de Madrid (Espagne) – Maillot extérieur
Équipementier : Nike

AS Roma (Italie) – Maillot third
Équipementier : Nike

Paris Saint-Germain (France) – Maillot third
Équipementier : Nike

AC Milan (Italie) – Maillot third
Équipementier : Puma

Ajax Amsterdam (Pays-Bas) – Maillot extérieur
Équipementier : Adidas

Bédale AFC (Angleterre) – Maillot extérieur
Équipementier : Heck… un fabricant de saucisses local

Un maillot qui donne faim. Vous l’avez probablement déjà vu sur les réseaux sociaux étant donné le buzz qu’il a généré. Bedale AFC, équipe de onzième division anglaise, a lancé cette année des tenues très surprenantes. Les joueurs portent en effet des jerseys sur lesquels figurent des saucisses, des petits pois ainsi que de la purée. Quant au gardien, sa tenue s’apparente à un tablier de cuisine. Mais s’il est dans ce classement, c’est surtout pour la cause que défend le club. La formation anglaise a décidé de verser 25% de l’argent récolté des ventes des tuniques à la lutte contre le cancer de la prostate.

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