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Capo Plaza : « Booba pour moi c’est le roi »

Impertinent et arrogant, celui qui se fait appeler le « Chef de la Place » revient montrer que le rap italien a de beaux jours devant lui. Sorti fin janvier 2021, son dernier album Plaza a rencontré un franc succès. Capo Plaza nous a fait le plaisir de nous accorder un peu de son temps pour parler de sa vision du rap en Italie, de ses ambitions et de son rapport à la France.

CapoPlaza

Pourquoi le nom Capo Plaza ?

Quand j’étais petit, je fais beaucoup de tags sur les murs et mon graffiti favori c’était « Plaza ». Quand j’ai commencé le rap, j’ai cherché quoi placer devant Plaza, quelque chose comme Lil. J’ai pensé à mon ami Chief Keef et j’ai choisi Capo. J’aimais bien comment ça sonnait et je trouvais que c’était bien arrogant pour le rap.

C’est facile de faire sa place quand l’on vient d’une petite ville comme Salerno ?

Je viens de Salerno, c’est là-bas que sont mes racines mais Milan m’a adopté. Quand j’ai commencé, la culture rap était bien moins avancée en Italie qu’en France par exemple. C’était difficile, il y avait beaucoup moins d’opportunités, de business et d’évolution, il fallait être vraiment déterminé. Mais je suis fier de qui je suis, et je le suis grâce à Salerno. C’est possible de percer quand on vient d’une petite ville, et j’en suis l’exemple.

Considères-tu que Milan est l’épicentre du rap en Italie ?

Milan c’est la capitale du rap mais c’est aussi la capitale de la mode, il y a vraiment beaucoup d’opportunités et de business en plus de la musique. C’est la véritable capitale de la trap et de la drill en Italie, c’est là que tout se passe.

Comment vois-tu la scène rap actuelle en Italie ? Comment perçois-tu ton évolution dans le rap italien et international ?

La scène italienne est en plein développement, comme toute la scène européenne est en forte croissance. En Italie, il y a beaucoup d’artistes émergents. Mais je pense qu’avec Sfera Ebbasta, on a été les pionniers du rap en Italie, on a réussi à rendre tout ça mainstream. La scène rap italienne évolue très vite, et je vois déjà la différence par rapport à l’année dernière.

Je trouve que j’ai su rester cohérent dans mon évolution et conscient de ce que j’ai fait et de ce que je fais actuellement. Même si je n’ai que 22 ans, ça fait déjà 3 ans que j’ai percé. Je dois réussir à me maintenir sur le sommet de la vague en m’inspirant des sonorités américaines et françaises. C’est ça qui fait ma force je pense. Mon oreille est sensible aux sonorités étrangères et ça peut expliquer mon succès.

Cette année, j’ai collaboré avec un artiste français. Ça va arriver bientôt mais je ne peux pas en dire plus. No spoiler.

Penses-tu que le rap italien peut se permettre de se différencier des autres grâce à sa langue plus chantante et moins monotone ?

Oui vraiment, on est en train de le démontrer. J’ai fais 2 tournées en Europe, tout était sold-out. Il y avait 300 places et on faisait rentrer 600 personnes, il y a des grosses communautés italiennes à l’étranger et ça permet de nous exporter. Il y a des gens qui me suivent de près à Londres, à Paris, un peu partout. Ca me fait réaliser le potentiel de la musique italienne.

Je suis rentré dans les classements à l’étranger. Je n’ai pas encore atteint le haut des classements mais ça montre bien que l’essor du rap italien est important. En Italie, c’est la première fois qu’on arrive à exporter autant notre musique, tout style confondu. On arrive à un niveau important en Europe et petit à petit on se fait remarquer. Les collaborations telles que SCH et Sfera ou Ninho et moi le démontrent bien et dans le futur, je prévois d’avoir d’autres feats avec des français. L’Italie est là et prête à se faire entendre.

Quel(le)s artistes français apprécies-tu ? Avec qui aimerais-tu collaborer ?

J’écoute vraiment énormément de rap français. J’écoute Gazo, Koba la D, PNL, Heuss L’enfoiré, Zola et Freeze Corleone. Booba c’est le roi, ça serait vraiment un rêve. Mais la liste est infinie, je peux pas tous les citer, et je les respecte tous. J’espère pouvoir en faire d’autres, mais cette année j’ai collaboré avec un artiste français, ça va arriver bientôt mais je ne peux pas en dire plus. No spoiler.

Dans le morceau « Street » tu parles de Miami et Beverly Hills. On sent que tu vises le lifestyle américain. Percer aux USA tu le vois comme un objectif ?

Bien sûr, mais ce n’est pas une obsession, si ça arrive ce serait super. Ce lifestyle c’est celui que je vise depuis toujours. J’aimerais vivre comme ça un jour et me dire « put*** j’y suis arrivé », c’est vraiment mon mood. Et quand je suis allé là-bas ça m’a vraiment conforté dans cette idée, ça m’a aussi influencé dans mes textes et mes sonorités. Comme je l’ai dit, mon oreille est beaucoup plus sensible à ça qu’aux sonorités italiennes. J’aime l’Amérique et il suffit d’écouter mes morceaux pour s’en rendre compte. Pour l’instant, l’objectif c’est déjà de conquérir l’Europe mais un jour peut être les Etats-Unis, qui sait…

« Avec Plaza, je voulais montrer une facette que je n’avais pas encore dévoilé, me concentrer sur mes victoires et non pas mes défaites et faire comprendre au public mon côté consciencieux. »

Ton précédent album s’appelait 20 car tu avais 20 ans. Celui-là s’appelle sobrement Plaza. Il y a une volonté de vraiment parler de ta vie ?

C’est vrai. Quand j’ai réalisé 20, j’étais encore un gamin, un petit jeune insouciant qui n’avait pas connu le succès. Avec Plaza, je voulais montrer une facette que je n’avais pas encore dévoilé, me concentrer sur mes victoires et non pas mes défaites et faire comprendre au public mon côté consciencieux. Je voulais aussi insérer des nouvelles sonorités comme la drill que j’écoute beaucoup mais que je n’avais pas encore expérimentée. Je tiens vraiment à cet album sur lequel j’ai pu exposer mes inspirations et montrer un autre visage.

En 2018, tu as signé dans le label de Ghali. Qu’est-ce qu’il t’a apporté au niveau artistique et personnel ?

En 2018, Ghali est venue me voir pour que je rejoigne son label. On était amis donc j’ai tout de suite accepté. On a travaillé ensemble à partir de l’album 20 jusqu’à 20 Deluxe. Maintenant, je suis avec Warner Italie et Atlantide. C’était une très belle aventure, il m’a beaucoup aidé dans le développement de ma musique. A un certain moment, c’est normal que chacun prenne des chemins différents, maintenant je me concentre sur Plaza et seulement Plaza. Mais je ne regrette pas du tout d’avoir travaillé avec lui, il rencontre beaucoup de succès et je lui souhaite le meilleur.

En 2018, tu as posté une photo avec une veste du PSG. T’es fan de foot ? Tu supportes quelle équipe ?

Je suis un fan de football depuis tout petit et je fais beaucoup de références au football dans mes textes. Je suis un tifosi du Milan AC. Mais j’aime beaucoup aussi le PSG, c’est le club que je préfère en France et ça depuis tout petit. J’ai vraiment énormément de goodies du PSG chez moi, et j’en profite de l’occasion pour saluer tous les frères parisiens.

Capo Plaza lors du tournage d'un clip à San Siro à Milan

Pour aller plus loin, après l’Italie direction la Belgique pour découvrir le portrait du talentueux Geeeko.

Valentin Basset

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