Bakari : il est encore temps de miser sur le rookie belge

Si ce nom ne vous dit rien, prenez le train en marche : il roule très vite, et ne prévoit pas de s’arrêter de sitôt.  Du haut de ses 24 ans, la pépite liégeoise Bakari issue de chez Hall Access n’a pas fini de faire parler d’elle.

© Sandra Gomes @1993initiales

La musique depuis le berceau

La musique chez Bakari, c’est avant tout une histoire de famille. Élevé entre variété congolaise et française, entre rock et rap, il a accumulé au fil du temps des références aussi nombreuses que surprenantes. Chez lui, ça écoutait du Bob Marley, du Ray Charles et même du System of a down. Niveau rap, il cite comme références Rakim, les Sages poètes de la rue, Lunatic ou la Mafia K’1 Fry, « comme tout le monde en vérité« .

Dans le rap depuis ses 16 ans, il décide de s’y consacrer plus sérieusement dès 2018. Ces quelques années de bouteille combinées à sa palette d’influences musicales éclectiques ne pouvaient donner qu’un cocktail détonnant … Et autant vous dire que c’est le cas.

« En France, vous savez dire quand un artiste est belge. C’est comme si on avait un truc différent, une patte. »

Belgique United

Bruxelles est à la Belgique ce que Paris est à la France : la capitale, non seulement géographique, mais aussi musicale. Pourtant, le liégeois semble bien déterminé à mettre sa ville sur la carte. « BX ils ont leur style, nous à Liège on a notre sauce aussi : la manière dont on parle, la mentalité de la ville, c’est pas la même chose. Donc forcément, dans la musique, ça se ressent« . On retrouve d’ailleurs cette volonté de faire rayonner Liège dans la plupart de ses clips : pour lui, c’est aussi important que les gens puissent mettre un visage sur l’artiste que des images sur sa ville.

Il est pour autant très fier de s’inscrire dans ‘l’identité belge, reconnaissable comme une entité à part entière dans le paysage du rap francophone : « En France, vous savez dire quand un artiste est belge. C’est comme si on avait un truc différent, une patte.«

Et c’est peut-être cette patte qui a réuni en studio Bakari et son compatriote bruxellois Isha. « On avait des gens en commun, ça a été très facile et très naturel en fait. On nous a juste connecté en studio. Une première fois, on a fait un son, on l’aimait pas trop. On en a refait un deuxième, et ça a donné ailleurs. »

Bakari – Ailleurs (ft. Isha)

Le meilleur est à venir pour Bakari

Pour Bakari, il n’est pas encore question de parler d’une quelconque notoriété. Le mot le fait même rire. « Moi dans la vie de tous les jours, ça bouge pas : je vis avec mes potes à Liège, j’viens à Paname quand j’ai besoin de venir pour le son, j’suis toujours dans ma petite vie quoi. » Le plus gros changement se passe donc sur les réseaux sociaux, où il reçoit beaucoup d’amour et de force, notamment de la part d’un public féminin très présent depuis le début. Et ce n’est pas pour lui déplaire. « Les femmes, c’est un très bon public. Vous êtes très fidèles quand vous aimez un artiste, vous donnez beaucoup de force, là ou les mecs peuvent avoir un peu d’égo. » 

Au jeune Bakari de 2016, et à tous ceux qui, comme lui, songeraient à se lancer dans le rap, le rappeur conseille « reste concentré, reste loyal envers les personnes qui t’ont porté quand t’avais rien, reste fidèle à toi-même, et continue à faire les sons que t’aimes. » Le pari semble en tout cas réussi pour lui, puisque son amour pour la musique se pose comme l’essence fondamentale de ce qui transcende la sienne.

Quand on lui demande ce qu’il nous réserve pour la suite, la réponse est simple et sans appel : “Que des gros sons. Gros son sur gros son sur gros son.” 

© Sandra Gomes @1993initiales

Alors prenez votre souffle, car Bakari a prévu de ne pas nous laisser respirer. Et c’est que l’début.

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